dimanche 6 mars 2016

Les opposants à Notre-Dame-des-Landes : entre incompétence, mensonges et contre-vérités - S01E02 Sur la piste du "rapport"

Episode précédent : S01E01 Les PPP font la loi

Deuxième épisode de notre série sur les arguments foireux des opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, aujourd'hui consacré à cette histoire de "rapport" de la Dreal dont la révélation par le Canard Enchaîné (que j'adore et que je lis toutes les semaines, bisous à eux) le 17 février 2016 sonnerait le glas du projet, en apportant la preuve définitive et incontestable de sa nocivité et de son inutilité. Sa publication a généré un tel buzz, que même 15 jours plus tard elle continue de tourner sur les rézosociaux. C'est bien simple, sur l'échelle du buzz qui va de 1 à 10, je pense que cette histoire mérite un 11.



Et que contient ce "rapport" ? Selon la Dreal,

"L'allongement de la piste de l'aéroport de Nantes-Atlantique ne présente pas de risque pour la faune de la réserve naturelle (du Lac de Grand-Lieu). Au contraire, elle garantit la préservation des zones humides qui participent à l'équilibre écologique de la réserve face à l'urbanisation de l'agglomération nantaise".

Aujourd'hui, déjà, "le trafic aérien n'a pas d'impact négatif. La faune de la réserve a intégré cette activité continue et routinière comme un élément à part entière de l'environnement du lac", écrit le chef du service ressources naturelles et paysages de la Dreal.

Donc nous avons là le "smoking gun", la pièce maîtresse qui montre que l'Etat a volontairement caché des informations en défaveur du projet d'aéroport, dans le cadre d'un vaste complot ourdi par les valets du capitalisme et les serial-bétonneurs de Vinci.


Sauf qu'en fait non. Explications.


Premier point : ce "rapport" n'en est pas un, d'où mes guillemets. En réalité il s'agit, non pas d'un rapport, encore moins d'une étude comme l'indique le Canard, mais d'une simple note de deux pages (autrement dit, une feuille à en-tête recto-verso, vous pouvez vérifier : c'est dans l'article). Un rapport ou une étude est quelque chose de structuré et de fouillé, avec des sources, des tables, des graphiques, etc., et croyez-moi ça fait bien plus que 2 pages même pour les sujets les plus simples. Rien qu'avec la page de garde, le résumé, les tables des matières/tableaux/figures, les références, les sources, etc., on atteint les 10 pages dans le meilleur des cas.

Voilà pour la forme, ce qui en soi n'invalide en rien son éventuel contenu, mais relativise sa portée. Maintenant, parlons un peu du fond.

De par sa nature et sa concision, une note ne saurait exprimer autre chose que l'avis de son rédacteur ou de celui ou ceux dont la note rapporte les propos. Ici il s'agit d'un fonctionnaire de la Dreal, qui est une administration régionale comme son nom l'indique, dont le titre est "chef du service ressources naturelles et paysages",  On peut donc partir du principe qu'il sait de quoi il parle pour tout ce qui concerne les questions environnementales locales. Et dans le cas contraire, qu'il tient ses informations d'autres personnes compétentes dans le domaine. Il pourrait par exemple s'agir de Loïc Marion, chercheur au CNRS de Rennes et ancien directeur de la réserve naturelle du Lac de Grand-Lieu, qui s'exprimait dans des termes extrêmement similaires dans sa lettre adressée le 25 octobre 2015 au Premier ministre (lien vers PDF), tant sur l'impact actuel de l'aéroport que sur les menaces que son déménagement ferait peser sur la réserve. Publication qui avait elle aussi généré un certain buzz.

Le Lac de Grand-Lieu

On a donc un ou plusieurs experts de la question environnementale qui donnent leur avis sur une question environnementale, fort bien et cela constitue un argument solide sur la question de savoir si l'aéroport ACTUEL impacte l'environnement autour d'une zone Natura 2000 (nous reviendrons là-dessus). En revanche, il me semble que ni l'auteur de la note de la Dreal ni Loïc Marion ne sont spécialistes en urbanisme. Donc quand ils affirment que le déménagement de Nantes-Atlantique vers Notre-Dame-des-Landes sonnerait le signal de départ de l'urbanisation autour du Lac de Grand-Lieu, cette affirmation a tout de l'argument d'autorité. Ce qui n'est pas le cas du maire de Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, dont l'une des missions est justement de faire respecter les réglementations urbanistiques, quand il affirme le contraire :

Pour toutes ces raisons, le maire de Saingt-Aignan réfute la thèse selon laquelle le déménagement de l’aéroport de Nantes Atlantique se traduirait par une urbanisation et une imperméabilisation des terres « préjudiciable aux équilibres écologiques de la réserve ». « Nous le réfutons d’autant plus que les zones urbanisées de la commune ne peuvent pas s’étendre du fait des ENS (Espaces naturels sensibles) en rives du lac organisés depuis 1996, et des EPR (Espaces proches du rivage) issus de la loi Littoral ».
Entre un expert de l'environnement et un expert de l'urbanisme qui se prononcent tous deux sur une question d'urbanisme, qui doit-on prendre le plus au sérieux ? Avantage au maire de Saint-Aignan sur la question, il n'y a aucune raison d'affirmer que le déménagement de l'aéroport mettrait fin aux réglementations qui protègent déjà les abords du lac de l'urbanisation et de l'artificialisation des sols.


Donc en gros, l'essentiel qu'on doit retenir de cette note, qui ne traite que de l'aéroport actuel et pas du projet d'AGO, est que celui-ci ne menace pas l'environnement fragile d'une zone Natura 2000, même en cas d'allongement de la piste (hein ?). Or voici ce que retient le WWF de cette note :
Ici on est en plein non sequitur. Il faut croire que personne, pas même les meilleurs, n'est à l'abri des sophismes les plus basiques. On passe de l'affirmation "NTE n'a pas d'impact écologique majeur" à "NDDL est une aberration écologique". Sublime. Soit dit en passant, si un aéroport jouxtant immédiatement un écosystème fragile n'a pas d'impact sur celui-ci, et au contraire le "protège", pourquoi n'en serait-il pas de même avec d'autres aéroports, existants où à construire ? Avec cet argument on frise les limites de l'absurde.

Mais attendez, il y a mieux ! La note de la Dreal évalue l' "impact de l'allongement de la piste de l'aéroport de Nantes-Atlantique sur la RNN de Grand-Lieu et les zones humides périphériques" et conclut à un "impact très minime en comparaison de ceux issus de l'urbanisation prévisible des zones humides aujourd'hui préservées". Déjà, ça ne veut pas dire zéro impact, mais seulement un impact inférieur à des menaces dont nous venons de juger du caractère hypothétique, on est donc loin du "pas d'impact" avancé par certains opposants. Mais surtout, qui aujourd'hui propose d'allonger la piste de NTE ? Absolument personne ! Au contraire, non seulement les opposants affirment que la piste actuelle est bien suffisante pour accueillir tous types d'avions même les plus gros (ce qui est sans doute le cas), mais de plus proposent pour régler le problème principal de cette dernière, à savoir son orientation nord-sud alignée sur le cœur de l'agglomération nantaise, un projet alternatif  de nouvelle piste est-ouest (projet qui fera l'objet d'un article dédié).


En conclusion, nous avons là un rapport qui n'en est pas un, qui évalue l'impact écologique d'un projet que personne n'envisage (et pour cause vu qu'il ne règle aucun des problèmes de l'aéroport actuel), qui cumule argument d'autorité et pente glissante sur la question urbanistique, qui est instrumentalisé pour juger de la pertinence et de l'impact d'un projet dont il ne traite absolument pas, et dont on gonfle l'importance pour alimenter une théorie du complot au plus haut sommet de l'Etat à grands coups de sophismes. Une petite note sur NTE est devenu un rapport à charge contre NDDL. Bref, un magnifique mensonge.


Sur l'échelle du bullshit qui va de 1 à 10, je pense que cette histoire mérite un 11.



Mise à jour 10/03/2016 : Merci à Bertrand L. pour l'info sur  le PDF du rapport, que je copie ici-même :


mardi 1 mars 2016

Les opposants à Notre-Dame-des-Landes : entre incompétence, mensonges et contre-vérités - S01E01 Les PPP font la loi

Episode précédent : Introduction

(Et oui, le titre de ce billet est pourri, faudra vous y habituer parce que ça risque de continuer, et je préfère vous prévenir tout de suite : j'ai pire en stock).


Commençons donc cette série par le sujet qui m'a convaincu de me jeter dans le bain : le contrat liant l'Etat à l'exploitant du futur aéroport (à savoir Vinci, qui fera sans doute l'objet d'un autre article). Une des conneries les plus anciennes et les plus fréquemment colportées par les opposants au projet est que, selon eux, il fait l'objet d'un contrat de type Partenariat Public-Privé, PPP pour les intimes.

Les PPP, vous savez, c'est cette saloperie néolibérale d'inspiration blairiste qui consiste à faire construire et gérer par des entreprises privées des biens d'intérêt public, en échange d'un loyer versé durant parfois plusieurs décennies à l'entreprise (qui fait souvent office d'exploitant par la même occasion). Ces PPP sont le symptôme de la consanguinité qui règne trop souvent entre les cabinets des exécutifs locaux ou nationaux, et les conseils d'administration des multinationales qui en bénéficient. Les contrats sont bien souvent léonins, concoctés côté privé par des avocats spécialisés, et signés côté public par des décideurs incompétents et/ou noyés sous la complexité volontaire des clauses dont le seul but est d'assurer une rente à peu de frais selon le principe privatisation des profits/socialisation des pertes. Les PPP sont pour les collectivités de la dette déguisée (on transforme les intérêts de l'emprunt en loyer), une façon bien pratique d'afficher un bilan financier présentable à l'approche d'une élection. Et si par malheur on perd ces élections, la gestion du merdier en revient à la nouvelle majorité qui ne pourra s'en dépêtrer tant les contrats sont verrouillés (*), ce qui ne manquera pas de constituer un thème de campagne en or pour la néo-opposition en soif de reconquête.

Mais revenons à notre aéroport. L'un des arguments majeurs des opposants pour dénoncer le "coût ruineux" du projet serait que le contrat liant l'Etat à l'exploitant est de type PPP. J'en veux pour preuve une simple recherche "NDDL PPP" sur Twitter ou Google.


Sauf que c'est faux, et c'est facile à vérifier, directement sur le site du syndicat mixte aéroportuaire créé pour l'occasion : le contrat est une Délégation de Service Public (DSP).

LA DÉLÉGATION DE SERVICE PUBLIC ET LE FINANCEMENT

L'État maitre d’ouvrage assure le pilotage et le suivi de l'ensemble de l'opération. La partie aéroportuaire, réalisée dans le cadre d’une délégation de service public, a été confiée à la société concessionnaire Aéroports du Grand Ouest, filiale de VINCI Airports, après une procédure publique de mise en concurrence. Elle est chargée par l'État, sous le contrôle des collectivités territoriales, de financer, concevoir, construire, exploiter et maintenir le futur aéroport du Grand Ouest. Le contrôle des collectivités s’exerce dans le cadre de la mission statutaire du Syndicat Mixte Aéroportuaire au sein du Comité de suivi des engagements de suivi stratégique de la concession, instance crée par décret du 5 avril 2012 et présidée par le président du Syndicat Mixte Aéroportuaire.

Alors je veux bien admettre qu'on ait du mal à comprendre toutes ces subtilités juridiques (moi le premier, IANAL) et penser que le terme PPP s'applique à tous les types de contrats entre public et privé. Par contre, quand cet argument vient d'opposants qui prétendent bien connaître le dossier (ou qui comprennent et présentent les choses de travers), ça s'appelle de l'incompétence (premier mot-clé de cette série : check). Et à partir du moment où quelqu'un pointe ton erreur de façon factuelle et courtoise, la moindre des choses c'est d'en tenir compte, ce qui n'est visiblement pas le cas de cet opposant dont l'incompétence se double ici d'une crasse mauvaise foi vu sa propension à répondre à côté de la plaque (oui le name & shame saymal, mais les opposants ne se gênent pas pour en user et abuser alors je ne vois pas pourquoi je prendrais des gants) :

https://twitter.com/LaurentOpsomer/status/704060916904624133





Donc je vais vous expliquer de façon certes un peu simplifiée mais sans travestir la réalité la différence majeure entre PPP et DSP :
  • La PPP, c'est l'opérateur privé qui possède l'infrastructure et l'Etat qui lui verse un loyer pour l'utiliser (sans compter les frais d'exploitation divers et variés), jusqu'à expiration du contrat où l'Etat en devient enfin propriétaire, après avoir lâché une fortune en intérêts qui feraient passer le moindre crédit conso revolving pour un investissement de bon père de famille.
  • La DSP, c'est l'Etat qui possède l'infrastructure et en délègue l'exploitation contre versement d'une redevance pendant toute la durée du contrat, au terme duquel l'Etat est libre de choisir un autre concessionnaire. Le délégataire est responsable de l'entretien voire de l'amélioration de l'infrastructure pendant toute la durée du contrat, et se rémunère sur son exploitation.
En gros, dans une PPP l'Etat est locataire et usager de l'infrastructure qui appartient au privé, dans une DSP c'est exactement l'inverse. Autrement dit, le risque financier pour l'Etat et les collectivités locales est limité aux seuls coûts initiaux et pas à l'exploitation de la plateforme, qui est du seul ressort du délégataire. Confondre PPP et DSP, c'est confondre propriétaire bailleur et locataire.

Et vous savez ce qui est le plus drôle dans cette histoire ? C'est que la plupart des aéroports français sont soumis au même genre de contrat de type DSP (en CSP, bien souvent), et en premier lieu ... Nantes-Atlantique, géré par Vinci ! Vous savez, cet aéroport formidable dont les opposants ne cessent de nous vanter les excellents classements internationaux. Ce qui est une bonne affaire pour l'Etat à NTE deviendrait donc une arnaque et une spoliation à NDDL ?

Ceci étant dit, je ne connais pas les détails du contrat de délégation de l'AGO, et il y a sans doute des critiques légitimes à faire sur ce point, on sait le vice qu'ont les multinationales à cacher le diable dans les moindres détails de ce genre de contrat, mais si on veut en débattre sereinement alors la moindre des choses est de partir sur de bonnes bases en évitant de propager et de perpétuer de fausses informations qui nuisent à la bonne compréhension du problème.


Mise à jour : Merci à Julien pour le lien vers le décret approuvant la convention Etat-AGO !

https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2010/12/29/DEVA1030457D/jo/texte



(*) Christiane Taubira et Jean-Yves Le Drian en savent quelque chose (coucou la prise électrique à 1000 euros)


Episode suivant : S01E02 Sur la piste du "rapport"

lundi 29 février 2016

Les opposants à Notre-Dame-des-Landes : entre incompétence, mensonges et contre-vérités - Introduction

Je suis sans doute un blogueur plein de qualités, mais l'assiduité n'est certainement pas la première d'icelles, les deux lecteurs de ce blog pourront en témoigner. Flemme, manque de temps ou d'inspiration, sans doute un peu des trois. Ces derniers temps j'ai plutôt tendance à traîner mes guêtres sur Twitter dans mes moments d'ennui et à y céder à la facilité des 140 caractères avec de parfaits inconnus. Il se trouve qu'en ce moment le débat tourne beaucoup autour du dossier de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, AKA #NDDL, AKA l'Aéroport du Grand ouest pour ses partisans.

Ça fait pas mal de temps que je m'intéresse à ce dossier. D'abord opposant par ignorance du dossier présenté trop souvent comme un troisième aéroport entre Rennes et Nantes (ce qui est faux), j'ai fini par en devenir partisan au fur et à mesure que ma connaissance des enjeux progressait. Mon soutien au projet est avant tout déterminé par des arguments techniques et non politiques. Or j'ai l'impression que c'est plutôt l'inverse qui prédomine dans la parodie de débat qui règne sur la question, que ce soit en ligne, dans la presse ou dans la vraie vie. Le dossier NDDL est devenu un marqueur idéologique, un prétexte pour affirmer son positionnement au sein de son camp et face au camp adverse, plus personne n'est capable de poser les arguments de façon honnête et objective, la rationalité a déserté le débat.

Les contre-vérités et autres mensonges par omission sont présents des deux côtés, mais il faut bien admettre que le camp des opposants est beaucoup plus audible et mieux organisé que le camp des partisans, jusque dans la presse nationale. Et ce, pour une raison bien simple : il est beaucoup plus facile d'être viscéralement contre ce projet que d'être pour. Qui a envie de se battre POUR un aéroport ? Qui a envie de bloquer les routes pour ce genre de projet ? Personne. Quelles que soient les bonnes raisons de le construire. Soutenir ce projet vous place dans le camp des salauds climaticides, des laquais du capitalisme, des trolls rémunérés, voire des pédophiles (je n'invente rien).


Jusqu'à ces derniers jours, je me contentais de me friter gentiment avec les opposants sur Twitter dès que je voyais passer un de ces arguments foireux dans ma TL, mais le flux semble s'être grandement accéléré ce week-end à l'occasion de la manif du samedi 27 février, au point que j'ai décidé d'utiliser mon énergie de façon plus efficace en lançant une série de billets de blogs sur la question.

https://xkcd.com/386/


Ce billet est donc le premier d'une série baptisée "Les opposants à Notre-Dame-des-Landes : entre incompétence, mensonges et contre-vérités". Je m'y contenterai de répondre par avance à toutes les accusations et toutes les critiques que les inévitables trolls viendront adresser à ma personne. Les billets suivants seront consacrés chacun à un argument particulier, qui sera étudié selon les trois axes incompétence/mensonge/contre-vérité.

Commençons.

Je réside dans l'Ouest depuis bientôt 20 ans (en discontinu : une première période de 5 ans et une seconde de 15). J'ai habité à Nantes puis Rennes. Je connais très bien ces deux villes et leurs alentours, contrairement aux nombreux militants hors-sols qui pondent des articles sur des coins où ils n'ont jamais foutu les pieds. Sans parler des journalistes parisiens pour qui tout doit tourner autour et se concevoir en fonction de la capitale, y compris le trafic aérien et ferroviaire. Ah oui, au passage je n'ai aucune animosité envers Paris et les Parisiens vu que j'y suis né, mais j'imagine qu'ils n'apprécieraient pas qu'un Rennais vienne leur expliquer comment organiser leur réseau de transports.

Je suis riverain de l'aéroport de Rennes-Saint-Jacques depuis 8 ans. Je sais qu'on va m'accuser d'être personnellement intéressé par le dossier dans l'optique d'une fermeture de cet aéroport, mais c'est faux. D'un, j'ai fait le choix en conscience d'habiter ici. De deux, les nuisances existent mais sont parfaitement tolérables, et ne devraient pas augmenter même dans l'hypothèse d'une croissance du trafic, et pour cause vu que contrairement à Nantes-Atlantique la piste de Saint-Jacques est orientée parallèlement aux zones d'habitation. De trois, j'ai toujours adoré les avions et je ne rate jamais un Rennes Air Show (je suis aux premières loges). Donc non, je ne soutiens pas NDDL avec des arrières-pensées pour mon confort ou la valeur de mon capital foncier.

Non, je ne suis pas salarié de Vinci. Non, je ne suis pas salarié d'une entreprise de BTP. Non, je ne possède aucune action d'une quelconque entreprise, et je n'en posséderais jamais, sauf celles de ma propre boite si jamais j'en ai une un jour (et encore, ce sera une SCOP). Par conviction. Je ne suis pas non plus rémunéré en douce par Vinci, AGO ou qui que ce soit. Je n'ai aucun intérêt financier dans cette opération, autre que la santé économique de la région dans laquelle je vis et je travaille (dans cet ordre).

Je travaille pour une PME rennaise dans le domaine des services informatiques. Nous avons des clients dans tout le grand ouest, autrement dit la zone de chalandise du futur AGO. J'estime bien connaître les spécificités économiques et géographiques de cette région.

Voilà pour l'instant. Liste non exhaustive, je rajouterai au fur et à mesure les autres points qui se présenteront le cas échéant

Episode suivant : Les PPP font la loi

lundi 16 novembre 2015

Notre revanche sera le rire de nos enfants

"Notre revanche sera le rire de nos enfants." — Bobby Sands (1954-1981), républicain irlandais mort de faim dans les geôles thatchériennes.

mardi 18 août 2015

Les connards sur Twitter et ailleurs

Ce matin je suis tombé coup sur coup sur cet article d'Authueil puis sur celui de Jegoun qui rebondit sur le premier (pas de blagues sur les gros, s'il vous plait). Ça m'a remémoré un épisode survenu le 14 juillet dernier dont au sujet duquel j'aurais dû écrire un article si j'étais moins feignant, mais passons. En plus j'étais en vacances. Ne me jugez pas. En tout cas ceci est l'occasion de me rattraper un peu.

Le 14 juillet 2015, disais-je, le mannequin-chanteur Baptiste Giabiconi avait tweeté :


Let the shitstorm begin. Sitôt le message publié, toute la twittosphère s'est empressée de se foutre de la gueule du pauvre Baptiste accusé de s'être trompé de date ou de fêter un anniversaire sans intérêt. Forcément, pour ces crétins condescendants, un mannequin c'est forcément débile et puis tout le monde sait que le 14 juillet c'est la prise de la Bastille en 1789, nespa ? Le pauvre Baptiste a dû quasiment s'excuser à plat ventre et se justifier publiquement de la date choisie, 1945, comme si elle était sortie de nulle part. Avant de retirer son tweet et ainsi donner raison aux trolls.

Sauf que.

D'abord, je tiens à préciser au cas où ce ne serait pas évident que je me contrefous de Baptiste Giabiconi et que je n'ai aucun intérêt particulier à le défendre plus qu'un autre. J'ai envers lui la même indifférence bienveillante qu'envers le reste de mes congénères (du moins les jours où je suis de bonne humeur, le reste du temps vous pouvez tous crever). Mon genre de mannequin c'est plutôt ça :

(photos de gonzesses en bikini, ne me remerciez pas ça fait plaisir)

Sauf que, disais-je, premièrement, le 14 juillet ce n'est pas QUE la prise de la Bastille en 1789 mais aussi la Fête de la Fédération en 1790, c'est même un peu pour ça que le 14-juillet est devenu fête nationale dans un but de réconciliation, comme je m'évertue à l'enseigner tous les ans à mes enfants. D'ailleurs les textes officiels ne mentionnent JAMAIS la date de 1789 ni celle de 1790, mais uniquement le 14-juillet. Parions que si Twitter avait existé en 1990, tous les abrutis qui peuplent ce réseau antisocial se seraient foutus de la gueule de quiconque aurait fêté le bicentenaire du 14 juillet 1790.

Sauf que deuxièmement, le 14 juillet 1945 est parfaitement digne d'être célébré pour son 70e anniversaire, il s'agit en effet de la première Fête Nationale depuis la Libération et la fin de la guerre (combo) et qu'elle avait donné lieu à trois jours de réjouissances. D'ailleurs si vous tapez "14 juillet 1945" dans Google vous tombez sur un certain nombre d'articles sur cet événement historique ... intercalés avec des articles sur le tweet de Giabiconi. Hiérarchie de l'information 2.0...



Donc moi je rentre de vacances quelques jours plus tard, je tombe par hasard sur un article parlant de ce buzz en contreplaqué, je m'en vais voir de quoi ça cause vu que j'ai que ça à foutre, et là, incroyable mais vrai, je ne comprends absolument pas le problème avec le tweet de Baptiste Giabiconi. Au contraire je le trouve parfaitement à propos jusque dans le choix des hashtags : #70ans (1945-2015 je confirme ça fait bien 70 ans), #france (ben oui, le 14 juillet, essayez de faire un petit effort pour suivre bordel), #paix (1945 juste après l'armistice), #liberté (première fête nationale après la Libération), #fier (on a le droit d'être patriote, ce n'est pas sale). En revanche je suis ébahi par le déluge de conneries qui suit. Extraits :

http://www.20minutes.fr/people/1651735-20150715-video-baptiste-giabiconi-fete-twitter-14-juillet-1945
Hilarité et consternation sur Twitter. Le mannequin et chanteur Baptiste Giabi­coni a publié ce mardi à l’occasion de la Fête nationale le tweet suivant : « Devoir de mémoire. 14 juillet 1945 – 14 juillet 2015 #70 ans #France #paix #liberté #fier ». Son tweet n’a pas échappé à la vigilance des internautes. Le jeune homme, rapidement devenu la risée du Web, a depuis supprimé son tweet.
Fermez le ban. "La vigilance des internautes", d'habitude ça sert au fact-checking des conneries publiées dans la presse aux ordres, ici ça me fait plutôt penser à des milices de la bien-pensance qui patrouillent avec leurs torches sur les routes de l'information. Et ça continue sur les médias classiques :

http://www.voici.fr/news-people/actu-people/baptiste-giabiconi-celebre-le-14-juillet-1945-et-se-prend-la-honte-564999
Baptiste Giabi­coni célèbre le 14 juillet… 1945 et se prend la honte
Le petit Baptiste Giabi­coni n’était visi­ble­ment pas très atten­tif en cours d’his­toire-géo : le mannequin a fêté ce mardi la Libé­ra­tion de 1945. Raté : le 14 juillet, c’est le jour de la prise de la Bastille, en 1789. Evidem­ment, le pauvre garçon a été vive­ment moqué.
Ça partait d’une belle inten­tion, mais c’est devenu un bon gros fail. Ce mardi, comme beau­coup d’in­ter­nautes, Baptiste Giabi­coni s’est fendu d’un petit message pour célé­brer la fête natio­nale. Il a donc posté une vieille photo sur Insta­gram, avec une légende poignante sur l’His­toire de France. Le souci, c’est qu’il s’est trompé dans les grandes largeurs. « Devoir de mémoire. 14 juillet 1945 – 14 juillet 2015 #70 ans #France #paix #liberté #fier », a-t-il écrit, pensant bien faire. Malheu­reu­se­ment, son post a dû faire hallu­ci­ner tous les profes­seurs d’his­toire-géogra­phie : pour rappel, le 14 juillet dont il est ques­tion corres­pond à la prise de la Bastille en 1789. Très loin de la Libé­ra­tion, donc.
Rapi­de­ment, Baptiste Giabi­coni est devenu la cible de nombreuses moque­ries sur les réseaux sociaux. Sacré « cham­pion » du fail par des dizaines d’in­ter­nautes en pleine crise de rire, il fait le choix très judi­cieux de ne pas répondre et de suppri­mer discrè­te­ment son message, comme si de rien n’était. La prochaine fois, il fera plus atten­tion. Bonne nouvelle, d’ici le 11 novembre, il a large­ment le temps de révi­ser.
Mais bon, c'est Voici, on va pas leur demander de faire dans le culturel. Contrairement aux Inrocks :

http://www.lesinrocks.com/inrocks.tv/baptiste-giabiconi-explique-pourquoi-il-a-celebre-hier-le-14-juillet-1945/
Il a bien fait rire Twitter hier. Baptiste Giabiconi, mannequin et chanteur, avait mis les pieds dans le plat en déclarant sur le réseau social : “Devoir de mémoire 14 juillet 1945 – 14 juillet 2015 #70ans#France#paix#Liberté#fier“. Patatras.
Invité de l’émission du Tour de France, “Village départ” sur France 3, le chanteur a été questionné par l’animateur Laurent Luyat. “Je voulais tout simplement célébrer les 70 ans du 14 juillet après 1945“, s’est justifié Baptiste Giabiconi. “Après la Libération ?“, a relancé l’animateur de l’émission. “Exactement !” a répondu Baptiste Giabiconi, relevé par Ozap.
“Tu ne t’es pas trompé ?“, lui relance alors Laurent Luyat. “Peut-être que les gens ont mal compris, ont fait l’amalgame. En tout cas, c’était ce que je voulais dire. Je me suis peut-être mal exprimé“, a répondu le chanteur. Avant de conclure : “Je sais que c’était le 14 juillet 1789 quand même. Je connais quand même un petit peu mes classiques“. Ne change rien.
"Ne change rien". Et toi va t'acheter un livre d'Histoire, espèce de pigiste inculte de merde. Tu vois moi aussi je peux être insultant mais au moins je ne dissimule pas ma connerie sous une couche de condescendance branchouille. Quant à Laurent Luyat, son niveau culturel le qualifie directement pour aller officier comme plombier sur les robinets à merde de la TNT.


Allez lire l'article d'Authueil, il est très bien. Il évoque Jean Quatremer qui se plaint que tous les avis se valent sur les réseaux sociaux, et Vincent Glad qui lui tombe dessus parce qu'au contraire il trouve ça bien et démocratique. Moi tout ce que je vois c'est une horde de sycophantes 2.0 imbus de leur personne et à l’affût de leur quart d'heure de gloire en 140 caractères, déverser gratuitement leur ignorance crasse sur un gars dont le seul tort est d'être mannequin et d'avoir publié un tweet qu'ils n'ont pas fait l'effort de comprendre.

Cela dit le problème n'est pas inhérent aux réseaux sociaux mais au fait qu'ils soient en majorité peuplés de cons, comme dans la vraie vie, j'en veux pour preuve la moutonnerie dont font preuve les médias classiques dès qu'il s'agit de se joindre à une bonne chasse à l'homme surtout si la cible est facile. D'où le titre de ce billet.

mardi 31 mars 2015

La différence entre la gauche et la droite (S02E01)

La gauche voulait protéger les prostituées et pénaliser leurs clients.

La droite sénatoriale veut faire le contraire.

Mais à part ça, la gauche et la droite c'est kif-kif UMPS et toussa.

lundi 12 janvier 2015

La hiérarchie des valeurs du militant de droite

Sur Hollande qui reçoit une chiure de pigeon sur sa manche : "Ce mec nous fait honte avec sa cravate de traviole".


Sur Sarkozy qui grille tout le monde pour être sur la photo au premier rang : "Cette polémique gauchiste est indigne de la solennité de l'événement".

samedi 10 janvier 2015

Conseils pour une année réussie sur Twitter

La période des fêtes s'achève enfin, et après l'échange des vœux vient le temps des bonnes résolutions. L'une des miennes est "arrêter de se laisser emmerder par les cons", et notamment sur Twitter. Problème, votre timeline est envahie de cons. Il peut s'agir de cons personnels auxquels vous êtes abonnés, ou de cons rapportés dont vous voyez les RT. Moi qui par exemple ai toujours refusé de m'abonner à Nadine Morano, je suis tout de même continuellement pollué par ses tweets débiles que d'autres twittos certainement plein de bonnes intentions s'amusent à retweeter pour marquer leur approbation dans une tentative désespérée de paraître moins cons qu'elle. Et ça m'emmerde profondément, mais comment y remédier ?

La solution est pourtant toute simple : se faire bloquer par le con zéro ! Une fois bloqué, les RT dudit con n’apparaîtront plus dans votre timeline. Pour se faire bloquer par un con c'est assez facile, sauf quand le con est particulièrement persévérant (ou particulièrement con, ce qui nous fait rentrer dans le domaine étrange de la méta-connerie qui est à la connerie ce que la mécanique quantique est à la physique). Il suffit de l'injurier copieusement et en public. Pour les hommes je conseille le sobre mais classique "Va te faire enculer sale connard de merde". Pour les femmes, on préférera un "Ta gueule grosse morue" plus adapté à leur sensibilité particulière, on a beau être un gros troll on n'en reste pas moins gentleman. Vous pouvez aussi tenter le free style comme un "Je te sodomise avec du gravier toi et ta famille, surtout ta salope de fille qui suce des bites pour 10€ dans les chiottes du bahut", d'un meilleur effet en société. En revanche évitez le fashion faux-pas et assurez-vous de respecter la grammaire de notre belle langue si vous ne voulez pas passer vous-même pour un con :


Mais attention au zèle ! Vous pouvez à la fin vous retrouver avec une timeline un peu trop propre. Et un hygiénisme trop prononcé n'est pas exempt de défaut, à commencer par l'ennui (car dites-moi, à quoi servent donc les réseaux sociaux si on ne peut pas s'engueuler une fois de temps en temps avec des inconnus ?). Dans ce cas je vous conseille de prendre les devants et de repeupler un petit peu votre timeline avec des cons bien ciblés. J'ai beau être complètement athée je reste tout de même un peu superstitieux, héritage de mon cerveau reptilien (les djihadistes verront de quoi je parle), et je crois en l'existence d'un dieu du Chaos façon Loki, vous savez, celui qui vous vole une chaussette sur deux, planque votre télécommande ou vos clés de bagnole, et égare vos factures au fond de vos tiroirs en les faisant réapparaître le lendemain de l'échéance. En guise d'offrande au dieu du Chaos j'ai donc trouvé la solution du bordel ciblé : je laisse un petit tas de merdier dans un coin avec des trucs dont je n'ai pas grand chose à battre, et je concentre mes efforts sur les choses vraiment importantes. Ça a l'air de plutôt bien marcher jusqu'à présent (je vais peut-être fonder une religion, il y a déjà un paquet d'adeptes). Et bien sur Twitter c'est pareil : si vous ne laissez pas un peu de bordel savamment organisé dans votre timeline, il s'auto-organisera à votre insu avec des résultats bien moins satisfaisants. C'est pourquoi je followe quelques crétins dont j'ai fini par ignorer les tweets de façon inconsciente, un peu comme les bannières de pub dont on ne remarque même plus la présence.

Et c'est là qu'intervient toute la puissance de Twitter comme détecteur de cons. Ce problème millénaire sur lequel se sont heurtés les plus grands esprits de l'Histoire de l'Humanité, une poignée de geeks californiens l'a résolu avec un outil aussi simple que puissant : le hashtag. Pour activer votre détecteur de cons sur Twitter, il vous suffit tout simplement de saisir ou de cliquer (*) sur un hashtag savamment choisi, comme #unbonjuif, #onlr, ou #JeSuisKouachi, et vous voici à présent avec un vaste choix de cons disponibles sur toute la planète. Si ce n'est pas un accomplissement majeur au progrès de l'Humanité permis par l'Internet (ça, et les vidéos de chatons), je ne sais pas ce que c'est.

En espérant que ces conseils vous seront utiles, je vous souhaite une bonne année 2015, qu'elle s'achève mieux qu'elle a commencé. Ça devrait pas être trop dur.


(*) pas de liens, je vais pas non plus leur faire un référencement gratuit à tous ces cons.

mercredi 24 décembre 2014

Joyeux Noël à tous !


Spéciale dédicace à mon "cousin" El Camino qui appréciera sans aucun doute cette performance de la charmante et talentueuse Sara X Mills.


jeudi 4 décembre 2014

Les larmes de Jacques Barrot

Je pense que l'essentiel a été dit sur Jacques Barrot depuis son décès brutal et soudain hier. S'il me fallait retenir une image de lui, ce serait celle de ses larmes au soir du 21 avril 2002, découvrant la composition du second tour de l'élection présidentielle.



Pendant ce temps, peut-être à quelques mètres de là dans un bureau voisin, certains faisaient la fête et sabraient le champagne à la perspective d'une victoire facile.

C'est parfois à ces petits détails insignifiants qu'on mesure la grandeur d'un homme et la bassesse de certains.

lundi 17 novembre 2014

Joe La Pompe à l'UMP

(le titre de ce billet est emprunté à l'excellent blog Joe La Pompe consacré au plagiat dans le domaine de la communication)

Sens Commun (tout un programme...) c'est ce micro-parti ultra-réac façon Tea Party étatsuniens devant lequel les candidats à la présidence de l'UMP ont défilé ce week-end, et qui a donné à Sarkozy une nouvelle occasion de nous montrer ses talents d'acrobate en effectuant un triple salto arrière du plus bel effet à propos du mariage pour tous, n'est-ce pas Nelson Montfort.

Ce n'est pas cette écume politique qui a attiré mon attention, mais plutôt le logo de cette nouvelle formation :


Penchez la tête vers la droite, ça ne vous rappelle rien ?

  

Mais si...




Décidément à l'UMP on a du mal avec la notion de propriété intellectuelle, souvenons-nous de l'affaire MGMT.

vendredi 19 septembre 2014

Le grand absent

La première chose qui m'a frappé dans la déclaration de Nicolas Sarkozy, c'est qu'à aucun moment il ne cite le nom de l'UMP. A aucun moment. Vous pouvez vérifier. Il y a plusieurs raisons à cela.

La première, la plus évidente, je dirais même la plus facile, c'est la posture gaullienne du rassembleur au-dessus des partis, qui va à la rencontre du peuple et patati et patata.

La seconde, plus subtile, est adressée aux dirigeants de l'UMP. En substance Sarkozy leur dit : organisez donc votre petite élection interne, moi je me positionnerai au-dessus des partis (et pas seulement l'UMP mais aussi le reste de la droite et du centre) pour diriger tout le monde. Vos histoires de statuts ne m'intéressent pas et je n'ai pas l'intention d'en tenir compte (mes taupes au sein de l'UMP m'aideront à passer par-dessus). Je vous laisse bien volontiers vous entre-tuer pour la présidence de l'UMP, une fois que vous serez tous bien abîmés je tirerai les marrons du feu. Quant à l'UDI, ce parti de couilles molles, je l'inféoderai de gré ou de force quoi qu'en dise Chantal Jouanno. La seule élection qui m'importe c'est la présidentielle et il est hors de question de m'abaisser à une primaire ouverte, je serai le seul candidat plébiscité par les militants. J'ai dit.

Bien évidemment inutile d'espérer que Sarkozy clarifie sa position vis-à-vis de l'UMP, comme disait le Cardinal de Retz: "On ne sort de l'ambiguïté qu'à ses dépens". Mais ce petit jeu n'a pas échappé à Alain Juppé, qui vient de réaffirmer sa volonté d'organiser une primaire ouverte. Bref, les couteaux sont tirés et les prochaines semaines vont être intéressantes.

jeudi 12 juin 2014

La différence entre la gauche et la droite

Quand la gauche est au pouvoir, elle nomme des personnalités de droite à des poste en vue pour prouver encore une fois que, non, elle n'est pas sectaire ou partisane malgré les cries d'orfraie de Jean-François Copé.

Quand la droite est au pouvoir, elle nomme des personnalités de droite à des poste en vue pour prouver encore une fois que, non, elle n'en a absolument rien à carrer de ce genre de considérations tout juste bonne à agiter quand elle est dans l'opposition, et au passage elle vous pisse à la raie bande de crasses gauchistes.

mardi 22 avril 2014

Joue-la comme Le Progrès : Délinquance en col blanc, à chacun sa spécialité

Délinquance en col blanc, qui fait quoi ? En exclusivité EFNN (ElFredoNewsNetwork), voici la liste explosive que les autorités nous cachent :

  • Trafic d'influence et prise illégale d'intérêts : Mâles blancs
  • Fraude fiscale : Mâles blancs
  • Délits d'initiés : Mâles blancs
  • Usage de stupéfiants en salle de trading : Mâles blancs
  • Arnaques de Ponzi : Mâles blancs
  • Blanchiment d'argent : Mâles blancs, oligarques Russes et dictateurs Africains
  • Circuits financiers opaques : Mâles blancs
  • Trafic d'armes : Mâles blancs
  • Écoutes illégales et espionnage de masse : Mâles blancs
Voilà, il fallait que ces choses soient dites. J'entends déjà les sycophantes du bien-pensisme bobo germanopratin m'accuser de racisme, mais je récuse ces insinuations : je suis moi-même un mâle blanc, et j'aime beaucoup la vodka et le poulet yassa.

lundi 31 mars 2014

4 raisons pour lesquelles la défaite aux municipales est une bonne nouvelle pour le PS


  1. Le Sénat va repasser à droite. Au final ça ne changera pas grand-chose, la gauche y était déjà divisée et le PS minoritaire, il suffit de faire la liste des projets rejetés par des alliances improbables FdG-UMP pour s'en convaincre. Et puis de toute façon le Sénat ne sert à rien et la majorité peut tout à fait s'en passer pour mener ses projets à bien, ça ne s'est pas si mal passé que ça entre 1997 et 2002. Normalement le basculement devrait se faire en septembre, Pépère doit donc se dépêcher de faire passer ses éventuelles réformes constitutionnelles avant l'été.
  2. Les ex-maires PS n'ont plus à s'inquiéter des nouvelles règles de cumul des mandats ; par contre le problème se posera à nouveau pour les nouveaux maires de droite en 2020, soit 3 ans après l'élection de Jean-François Copé à la Présidence de la République. Et puis maintenant qu'ils sont contraints à la solidarité avec la majorité et ne peuvent plus tenir de double discours national-local, les députés-ex-maires PS vont pouvoir enfin bosser à fond à l'Assemblée histoire de blinder les textes et d'éviter qu'ils soient censurés les uns après les autres par le Conseil Constitutionnel. 
  3. Le gouvernement se demandait où trouver les 50 milliards nécessaires au financement du pacte de responsabilité. Maintenant on sait : il suffit de les piquer dans les dotations des collectivités locales, qui sont désormais majoritairement à droite.
  4. On va enfin pouvoir s'attaquer à la réforme du mille-feuille administratif, maintenant qu'on n'a plus de résistance des barons PS locaux. Idem pour le redécoupage électoral.
Elle est pas belle la vie ? Allez, en route pour 2017 !

jeudi 13 mars 2014

L' "affaire" Taubira pour les nuls

Rappelons que selon la loi, la Garde des Sceaux ne peut être tenu informée que de l'ouverture d'une procédure judiciaire contre une personnalité comme Nicolas Sarkozy, et en aucun cas de son contenu. A partir de là, deux possibilités :

  1. Soit Christiane Taubira a respecté la loi et n'a appris les écoutes que tardivement, sans avoir accès à son contenu protégé par le secret de l'instruction ; dans ce cas elle a dit la vérité.
  2. Soit Christiane Taubira a eu accès au contenu de l'instruction, et dans ce cas elle a menti.
Si on résume l'avis général des éditocrates et de la droite (rappelons au passage qu'à l'origine c'est une affaire Sarkozy) :
  1. Dans le premier cas, elle est incompétente et elle n'est plus crédible, elle doit donc démissionner.
  2. Dans le second cas, elle a menti au Français et elle n'est plus crédible (*), elle doit donc démissionner.
La seule façon pour elle de s'en sortir aux yeux de ses détracteurs aurait donc été de violer la loi et de l'assumer fièrement. Non, le sarkozysme n'est pas mort.


(*) ajoutons que quand une personnalité ment, elle ne perd sa crédibilité que si elle est de gauche, à droite on trouve ça tellement banal qu'on n'y pense même plus.



[EDIT] Allez aussi lire un résumé plus complet de l'affaire chez Jegoun.

vendredi 29 novembre 2013

Et l'inversion de la courbe du ridicule, c'est pour quand ?

J'ai l'impression que François Hollande a bien roulé tout le monde dans la farine hier avec ses vraies-fausses déclarations sur le chômage. Je ne sais pas si ce flou était volontaire, motivé par sa propension naturelle à la prudence, ou bien fortuit, mais il y avait quelque chose à la fois de réjouissant et désespérant à voir la petite troupe de commentateurs encartés, journalistes ou politiques, à se précipiter comme des lemmings vers la falaise qui les attendait.

Le Lab a fait un florilège des réactions qui ont précédé l'annonce officielle des chiffres du chômage, et c'est symptomatique du climat général. Car bien entendu ces spécialistes de l'information et du commentaire politique, qui ont tous un master 2 de lecture entre les lignes et un doctorat de batave seconde langue, ont interprété le soi-disant flou présidentiel comme une façon feutrée de préparer les esprits à une annonce catastrophique. Sauf qu'en réalité les chiffres sont bons, voire très bons pour le chômage des jeunes qui baisse continûment depuis avril ! Palme du ridicule à l'UMP, qui interpelle le gouvernement jusqu'à l'assemblée sur le thème "même le président ne croit plus à l'inversion du chômage". Mais à quoi d'autre s'attendre venant d'un parti qui a été incapable de la moindre proposition concrète depuis 18 mois, à part les vieilles lunes néolibérales moisies sur l'assistanat et les feignants de chômeurs qu'il faudrait inciter à chercher sérieusement du boulot en sabrant dans leurs allocations. Un exemple parmi d'autres avec Roger Karoutchi :

http://www.bfmtv.com/politique/inversion-courbe-chomage-karoutchi-denonce-une-farce-655986.html
François Hollande a affirmé, jeudi, que la bataille contre le chômage se ferait "mois par mois" et prendrait "tout le temps nécessaire". Devant la vive réaction dans les médias, il a ensuite tenu à assurer qu'il était en mesure de tenir son objectif d'inverser la courbe du chômage d'ici la fin de l'année.

Pourtant, cela ne convainc pas l'opposition. "François Hollande depuis des mois nous annonce toujours que tout va aller bien. 'Tout va très bien Madame la marquise'", s'est moqué le sénateur UMP Roger Karoutchi, interrogé par BFMTV. "Et puis les réalités sont dramatiques", a-t-il taclé. "L'inversion de la courbe du chômage est une farce et on le sait", a tranché Roger Karoutchi.


Le plus drôle est que toute cette bande de losers met désormais ce cafouillage sur le dos du Président, sans jamais se remettre en question. S'ils perdaient l'habitude de foncer comme des zombies sur la première parcelle de non-dit qui se présente à eux pour pondre du papelard au kilomètre et des communiqués de presse par dizaines, et au contraire se décidaient enfin à faire de l'analyse de fond, alors peut-être que la presse n'aurait pas autant besoin de subventions publiques pour survivre et les français auraient moins de défiance envers les politiques. Après tout, Alternatives Economiques qui n'a jamais pris ses lecteurs pour des cons, contrairement à certain cuistre en écharpe rouge, n'a pas l'air de trop souffrir de la soi-disant "crise de la presse".

Bref, le chômage diminue, on devrait s'en réjouir, mais on trouve encore le moyen de polémiquer sur de l'écume parce que le Président a simplement rappelé des évidences, à savoir que la lutte contre le chômage demande du temps et des moyens et se poursuivra durant tout le quinquennat. Ce pays est désespérant, et le sarkozysme mental n'est pas mort.

jeudi 17 octobre 2013

Léonarda, ou l'expérience de Milgram

Je crois qu'on a à peu près tout dit et tout entendu sur la déplorable affaire Léonarda, cette jeune Rom Kosovare expulsée avec sa famille la semaine dernière après qu'on l'eut extraite, ou faite descendre selon les versions, d'un bus scolaire l'amenant avec ses camarades de lycée visiter une usine.

A gauche les réactions varient selon un spectre assez large, de l'indignation pavlovienne au légalisme froid. Passons sur l'inventaire des critiques et attachons-nous à l'une d'entre elles en particulier, celle sur l'indignation sélective ou trop tardive reprochée à la droite de la gauche (ou Drauche) par la gauche de la gauche (ou Vrauche, parfois appelée "gauche morale" depuis Sartre), procès récurrent qui tient trop souvent du terrorisme intellectuel façon "Holier Than Thou".

Indignation sélective d'abord, parce que des Léonarda, il y en a eu d'autres avant elle, et il y en aura d'autres après elle, qui ont généré et généreront moins de réactions tant médiatiques qu'individuelles. Alors pourquoi ce cas en particulier et pas les autres ? Y a-t-il de bonnes et de mauvaises expulsions, comme il y a de bons et de mauvais chasseurs ?

Indignation trop tardive ensuite, parce que ceux qui s'indignent aujourd'hui alors qu'ils se sont tus hier seraient disqualifiés pour le faire, et dans ce cas précis, et pour les cas futurs. La goutte d'eau qui fait déborder le vase de l'indignation n'est qu'une larme de crocodile selon les zélateurs de la moralité.

Je m'abstiendrai ici de rejoindre ce concert d'anathèmes en ajoutant mon opinion à la cacophonie ambiante. Mais cette polémique m'a fait penser à la fameuse expérience de Milgram, celle mise en scène par Henri Verneuil dans I... comme Icare, dont je vous mets l'extrait :


A 13'50" environ :
Procureur Henri Volney : C'est effrayant.
Professeur Naggara : Monsieur le procureur, vous, c'est à 181 volts que vous avez réagi !
Procureur Henri Volney : Votre expérience est impitoyable professeur.
Et vous, à quel voltage auriez-vous réagi ?

On est toujours le salaud de quelqu'un d'autre.

lundi 30 septembre 2013

Bougnoules d'hier et d'aujourd'hui, plus ça change plus c'est la même chose

A l'heure où certains s'amusent à raviver le débat sur la présence des Roms en France (n'est-ce pas Manu ?), offrant ainsi une victoire idéologique à la droite moisie à quelques mois des élections municipales, il me semble opportun de ressortir ce texte de mes archives où il sommeillait depuis la dernière fois où ce sujet a été mis sur la table (soit en 2011 après le fameux discours de Grenoble). Enjoy!

(note de lecture : les populations que l'auteur désigne par "Bretons" sont en fait les populations bretonnantes de l'Ouest, par opposition aux actuels Hauts-Bretons de la partie orientale, francophones dans les grandes villes comme Rennes ou Nantes et gallésants dans les campagnes ; de nos jours tout ce joli monde se considère Breton sans distinction particulière)

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/genes_1155-3219_1996_num_24_1_1406

Rapport sur les immigrations bretonnes dans la ville de Nantes

Monsieur le maire.

Dans son rapport du 11 janvier dernier, la commission pour l'assainissement des logements insalubres vous signalait ce fait : que l'insalubrité des logements, dont la raison principale était la malpropreté, avait souvent pour cause première des habitudes de malpropreté invétérées chez les personnes. Elle vous disait que cette malpropreté personnelle est, de plus, un agent incessant d’affaissement moral et de démoralisation qu'il importe de combattre activement ; et parmi les mesures les plus efficaces, elle vous indiquait la propagation des bains et lavoirs publics, qui ont obtenu un succès si remarquable à Londres et qui paraissent devoir réussir à Rouen de la même manière.
Nous avons la conviction qu'il est possible, avec une ferme volonté et beaucoup de persévérance, de faire pénétrer les améliorations nécessaires dans les classes malheureuses de notre cité : mais, nous devons le reconnaître, nos espérances se décourageraient, si les quartiers misérables, dont nous poursuivons l'assainissement, devaient être régulièrement infectés, le mot n'est pas trop fort, par ces invasions de mendiants qui nous viennent des campagnes de la Bretagne.
Ces populations, étrangères a notre département, chez lesquelles la malpropreté la plus repoussante est une seconde nature, et dont la dégradation morale est descendue à un niveau effrayant, viennent périodiquement encombrer nos quartiers les plus pauvres et les plus insalubres. Elles recherchent et n'obtiennent qu‘à des prix élevés, en raison de leur insolvabilité même, des logements où le devoir de l'administration ne lui permet pas de tolérer la présence d‘êtres humains. Ce sont généralement des réduits ou hangars, n'ayant d'autre ouverture qu'une porte pour donner accès à l'air et a la lumière ; dont le sol est une boue permanente, entretenue par l’humidité qui suinte des murs et du toit ; sol sur lequel repose l'unique couchette des habitants, un amas de paille recouvert de quelques guenilles fétides. Aussi, une bonne partie des interdictions que nous vous avons demandé de prononcer s'appliquent-elles aux logements de cette catégorie d’habitants.
Lorsqu'ils parviennent à occuper des habitations qui ne sont pas, par elles-mêmes, dans des conditions d'insalubrité, leurs habitudes d'une malpropreté hideuse, sur la personne, les vêtements, dans toutes les fonctions usuelles de la vie, ne tardent pas à y créer une insalubrité grave. Ajoutons que la plupart de ces malheureux ne comprennent que le bas-breton, et qu'il est presque impossible aux agents de l'autorité de s'en faire comprendre.
Nous ne saurions trop insister sur ce point, monsieur le Maire : chacun de leurs séjours est une véritable infection des habitations, qui doit paralyser tous nos efforts et les vôtres, si on n'apporte un remède énergique a ce fléau. Car c'est un véritable fléau, une plaie déplorable que la présence, parmi nos populations, de ces pauvres gens, dont la dégradation morale égale la dégradation physique.
Parmi les nombreux faits qui ont affecté profondément la commission, quelques-uns suffiraient pour justifier une pareille appréciation.
Ainsi, un hangar sans fenêtre, dont le sol et les murs étaient pour ainsi dire putréfiés, était occupé par deux jeunes filles, deux sœurs, toutes deux mères, ne comprenant pas un mot de français et n'ayant d‘autres moyens d'existence, pour elles deux et trois enfants, que la plus abjecte et la plus misérable prostitution.
Dans d'autres taudis non moins hideux, nous trouvons père, mère, enfants, ne comprenant également que le bas-breton, sans autre mobilier qu'un monceau de paille, sans autre ressource que la mendicité. Puis, quand ils ont obtenu quelques monnaies de la charité privée, le père et souvent la mère se hâtent de se plonger dans une affreuse ivresse d'eau-de-vie et scandalisent ensuite le voisinage par des luttes féroces et des actes d'immortalité révoltante. Les archives judiciaires révéleraient qu'ils entrent pour les trois quarts dans la population qui alimente les bancs des tribunaux de police.
En général, ces ménages sont encombrés d'enfants dont l'aspect est navrant.
Nous croyons fermement, monsieur le Maire, que l'administration doit se préoccuper sérieusement d'un pareil état de choses. Les mesures tendant à arrêter l'envahissement du mal seraient non moins dans l'intérêt de la population de notre ville que dans le véritable intérêt de ces infortunés.
L'intérêt de la commune est évident. Ces hordes nomades, à raison des conditions hygiéniques où elles vivent, sont une charge pesante pour ses hôpitaux. Elles entretiennent dans nos murs le fléau de la mendicité et rendent stériles les efforts et les sacrifices de l'administration pour le faire disparaître : ou bien, elles font une concurrence désastreuse à notre population ouvrière dans la recherche du travail. Enfin, elles démoralisent cette même population par l’incessant spectacle de la dégradation la plus infâme.
Si la présence de ces malheureux, dans nos murs, apportait une amélioration a leur sort, nous n'aurions pas le courage de demander qu'ils en soient écartés : bien des considérations peuvent se taire devant un soulagement réel de pareilles misères. Ils ont, comme tous les citoyens, droit a la liberté de choisir leur résidence sur le sol du pays. Mais si cette liberté souffre des restrictions nécessaires, dans l'intérêt de la société, ce principe de restriction peut être d'autant mieux invoqué, quand il se trouve d'accord avec l'intérêt sainement compris de ceux contre qui l'application en est demandée.
Or, il n'est pas douteux que ce ne soit ici le cas. C'est la misère qu'ils fuient en abandonnant leurs campagnes pour se jeter dans nos villes : mais ils ne font que changer de misère et aggraver leur triste condition.
La plupart ne comprennent ou ne parlent que leur patois breton : ils sont donc dans l'impossibilité de pouvoir s'employer utilement, sauf le cas exceptionnel de grands travaux de terrassement. La charité publique ne leur est pas accessible, parce qu'elle n'est acquise qu'à certaine condition de domicile ; leur seule ressource est la charité privée, c’est-à-dire son exploitation par la mendicité.
Logés comme nous l'avons fait connaître, ils sont victimes de nombreuses causes d'insalubrité qui sévissent tout autrement dans les réduits malsains de nos mauvais quartiers que dans les huttes des campagnes. Enfin, ils ont, outre la tentation, toute facilité, dans une grande ville, de s'abandonner à tous les vices auxquels les laisse en pâture l'absence du sens moral, à peu près étouffé chez eux, si jamais il y a été développé.
Nous pensons qu'à tous égards, il importe que cette facilité de quitter les campagnes pour venir croupir dans la misère d'une grande cité comme la nôtre, soit refusée à ces populations. L'administration doit les retenir dans les campagnes ; c'est là qu'elle doit s'occuper de venir en aide à leur misère. Elles y seront toujours plus à la portée d'un travail utile, qui leur fait, d'ailleurs, complètement défaut dans les villes. Elles y seront aussi, près du pasteur de leurs paroisses, à la portée des enseignements de la religion et de la morale, dont elles n'ont pas moins besoin que de pain.
Que le gouvernement, pour arriver à ce but, agisse sur leurs communes. Il le peut, il le doit ; car en les laissant venir ainsi s'engloutir dans cette fange qu'ils entretiennent dans nos cités, le gouvernement est coupable contre la société, coupable contre ces malheureux. Ce n'est point d'ailleurs au travail industriel qu‘il faut demander des ressources contre ces misères, c'est au travail agricole. Le premier est limité, le second peut être illimité devant le vaste champ du développement de la consommation. Celui-ci est, de plus, par lui-même, un agent de moralisation. Or, quand il s'agit de développer, de féconder le travail agricole, nous sommes de ceux qui croyons que vouloir, c'est pouvoir. Le tout est de savoir vouloir.
Ces considérations, Monsieur le maire, sont sans doute d'une compétence plus élevée que la nôtre : mais nous avons dû les indiquer à la justification de la mesure que nous provoquons.
Nous pensons, monsieur le Maire, que l'intérêt de la population que vous administrez exige que vous concertiez a cet égard avec M. le préfet, et dans le cas où ce magistral n'aurait pas les moyens d'action suffisants, que vous les réclamiez d'accord près du gouvernement. Car il est urgent de porter le fer dans une plaie dont nous étions loin de soupçonner la gravité et l'étendue avant qu'elles ne se fussent révélées à nous, dans la visite minutieuse que nous faisons de tous les logements pauvres de la ville de Nantes.

Nantes, 75 avril 1851.
Le vice-président de la commission, A. CHÉROT

En résumé : les Bretons sont impossibles à intégrer dans la société nantaise : par leur langue, leur culture, leurs pratiques religieuses, leurs mœurs, leur propension à la délinquance, ils constituent un facteur de déstabilisation de notre société. Ils seraient mieux chez eux, plutôt qu'à venir prendre les emplois des Nantais de souche. Si nous laissons la porte ouverte à cette invasion, nous assisterons bientôt à une substitution de population qui mettra en danger nos valeurs et nos fondements républicains, et d'ici 20 ou 30 ans, c'est sûr, Nantes sera une ville bretonne, nos femmes et nos filles seront obligées de porter la coiffe en dentelle, on entendra du biniou dans les rues et on servira du Kouign Aman dans les cantines de nos écoles.

Maintenant ami lecteur, tu peux t'amuser à adapter ce texte à différents contextes historiques et géographiques, comme par exemple les immigrés Arabes d'après-guerre entassés dans les bidonvilles de la banlieue parisienne, ou bien les Polonais et Italiens des bassins houillers au début du XXe siècle. Toutes ces populations présentées comme inintégrables et inassimilables...

mercredi 25 septembre 2013

Noël Amer

Voilà, Noël Mamère quitte EELV. Il fallait s'y attendre tant ses nombreuses prises de position le mettaient en porte-à-faux avec la direction du parti. J'ai toujours apprécié sa liberté de parole, qui l'a certes un peu trop souvent amené à dire des conneries (mais qui n'en dit pas ?), et je pense qu'il a fait largement plus de bien que de mal à l'écologie politique contrairement à certains individus comme Jean-Vincent Placé qui gangrènent désormais la direction d'EELV. J'ai même voté pour lui en 2002 !

Europe-Ecologie était une belle aventure à laquelle j'ai apporté ma voix aux élections européennes de 2009, et j'aurais voulu qu'elle puisse se poursuivre sous une forme plus libre, plus conforme à la vision qu'en avait Daniel Cohn-Bendit au moment de sa création, celle d'un mouvement ouvert sur la société. Mais la politique étant ce qu'elle est, il a fallu que l'état-major des Verts fasse une OPA sur EE et finisse par le vider de sa substance. 

Aujourd'hui, EELV c'est la taxe diesel, un parti d'élus (grâce au PS...) et d'aspirants en proie aux luttes picrocholines incessantes, incapable de faire aimer l'écologie aux Français. C'est triste mais c'était prévisible connaissant la propension des ex-Verts à changer l'or en plomb (un bon mot de Nicolas Hulot ce matin sur France Info). Je ne vous ferai pas l'affront de vous rappeler toutes les conneries qu'on a dû subir de la part de ce parti qui n'a jamais fini sa crise d'adolescence, la liste est bien trop longue et continue de s'allonger.

Bon vent à toi Noël, salue Dany de notre part.