vendredi 20 septembre 2013

A quoi joue François Fillon ?



C'est la question qu'on peut se poser après sa sortie sur la Syrie face à Poutine :

http://www.leparisien.fr/international/syrie-fillon-critique-la-france-devant-poutine-19-09-2013-3151209.php

François Fillon viole ici une règle non écrite selon laquelle on doit s'abstenir de critiquer son pays à l'étranger, a fortiori devant un adversaire déclaré de la France sur le dossier syrien. C'est indigne d'un homme d'Etat, et en d'autres temps ça aurait valu un procès en trahison.

Sur le fond, c'est doublement amusant de voir Fillon critiquer Hollande sur son prétendu manque d'indépendance envers les USA : non seulement il n'a jamais exprimé de tel sentiment lors des précédentes interventions militaires initiées sous la droite, comme en Libye où le soutien étatsunien a été déterminant, mais ici c'est plutôt lui qui vient accrocher sa remorque au cul des Russes (en le leur léchant copieusement par la même occasion). Sans parler du fait que la France est plutôt en pointe qu'à la traîne face aux USA sur ce dossier, au point que l'opposition en vienne à dénoncer notre isolement.

Tout ça confirme la thèse développée dans mon précédent billet : pour exister et se positionner face à ses adversaires dans et hors l'UMP, il doit dire et faire le contraire de ces derniers, parfois jusqu'à l'absurde. Et si l'on en croit ce billet de Juan de Sarkofrance publié hier, ça peut aller très loin :

"Tu sais" me dit-il en substance, "il ne faut pas se tromper sur ces deux-là."
Moi: "Ah bon ?"
Lui: "Copé ne fera jamais d’alliance avec le FN. Je le connais. Son histoire personnelle, ses convictions, tout l’en empêche."
Moi: "Mais quand même, regarde ce qu’il sort, les ‘pains au chocolat’, le "ni-ni’, il singe Sarko en permanence et avec moins de talent"
Lui: "Non, ça n’ira pas aussi loin que Sarko. Je ne dirais pas cela de Fillon"
Moi: "Quoi ? Fillon a une autre image, quand même !"
Lui: "C’est du vent. Fillon ira jusqu’au pire s’il le faut."

Chaque jour ou presque vient renforcer mon sentiment que François Fillon est un homme prêt à tout, cynique, dangereux et malfaisant. Il a longtemps cultivé une image falsifiée de "gaulliste de gauche" modéré, mais tant sa pratique intransigeante et brutale du pouvoir que son programme libéral-conservateur ont achevé de dissiper cette illusion. Ses propositions démagogiques et réactionnaires, comme sur le temps de travail, la retraite ou le mariage homosexuel, sont une menace pour la cohésion de notre société, déjà mise à mal par 5 ans de sarkozysme. Il faudra coûte que coûte lui faire barrage en 2017. En attendant je vous conseille de tenir vos dossiers à jour pour pouvoir les ressortir le moment venu.

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